FISCHER (J. M.)


FISCHER (J. M.)
FISCHER (J. M.)

FISCHER JOHANN MICHAEL (1692-1766)

Le Bavarois Johann Michael Fischer fut l’un des architectes allemands les plus productifs et les plus originaux du XVIIIe siècle. Fils d’un maître maçon d’une petite bourgade proche de Ratisbonne, on le trouve à Munich en 1718, après qu’il eut travaillé en Moravie. Il s’établit définitivement dans cette ville, où il est maître maçon en 1723. Son mariage le lie aux Gunetzrhainer, famille de maçons dont un membre, Johann Baptist, est assistant de l’architecte de la cour Josef Effner et lui succédera en 1745. Cependant, Johann Michael Fischer n’a pas travaillé pour le prince électeur de Bavière, même s’il a reçu du frère de ce dernier, l’électeur de Cologne Clemens August, commande de la petite église de Berg am Laim, dans l’actuelle banlieue de Munich; il eut pour clientèle ordinaire des communautés religieuses et des abbés. En cela, sa carrière est semblable à celle de son contemporain le Bavarois Dominikus Zimmermann.

Pour ses deux premières églises importantes, celle de l’abbaye d’Osterhofen (1727-1731) et celle de Sainte-Anne «am Lehel» à Munich (1727-1729, consacrée en 1739, décor détruit en 1944), il a collaboré avec les frères Asam, auteurs de la décoration. Si la première est construite sur le plan basilical, celle de Munich, commencée à la même date que l’église construite par Dominikus Zimmermann à Steinhausen, offre au problème de la combinaison entre les possibilités du plan central et du plan longitudinal, primordial pour l’architecture religieuse en Europe centrale au XVIIIe siècle, une solution originale assez complexe, où l’on décèle, dans la disposition des piles et la tendance à l’interpénétration des volumes intérieurs, une influence des églises construites en Bohême par Christoph Dientzenhofer.

Par la suite, Johann Michael Fischer utilise avec prédilection un plan carré à angles coupés par des chapelles, auquel succède pour le chœur un second carré plus étroit. Cette disposition, qui était celle de l’église des Franciscains d’Ingolstadt (1736-1740), détruite à la fin de la Seconde Guerre mondiale et que l’on rencontre à l’église d’Aufhausen, près de Ratisbonne (1736 env.-1739), à l’église de Berg am Laim (1738-1742) et dans d’autres églises de moindre importance, permet à l’architecte de créer par l’illusion perspective due au rétrécissement de l’espace intérieur une tension dirigée vers le chœur et le maître-autel. Il y revint peu avant sa mort, en 1763, pour mener à bien la tâche difficile de reconstruire l’église abbatiale d’Altomünster.

Cependant, les églises les plus importantes et les plus célèbres sur lesquelles repose la réputation de Fischer, celles de Diessen, de Zwiefalten et d’Ottobeuren, sont de plan longitudinal, mais, dans chacun des cas, il a été appelé à assurer la direction d’une entreprise en cours et a dû composer avec l’œuvre de ses prédécesseurs. Les deux premières présentent plusieurs analogies: façade monumentale, plan, volonté d’unifier l’espace intérieur de la nef par une vaste fresque couvrant plusieurs travées. Leur intérêt tient toutefois moins au parti architectural qu’à la décoration, à Zwiefalten notamment, qui est peut-être la réalisation la plus éblouissante du stuccateur Johann Feuchtmayer. À Ottobeuren, où il fut appelé en 1748, si Johann Michael Fischer a conservé le plan d’ensemble de son prédécesseur, il faut mettre au compte des modifications qu’il a introduites le caractère de l’espace intérieur, le plus grandiose qui ait été réalisé en Europe centrale au XVIIIe siècle.

La succession de trois coupoles reparaît à l’abbatiale de Rott am Inn, dont Johann Michael Fischer a dirigé la construction de 1759 à 1763; mais, au lieu de marquer la croisée du transept par deux bras en hémicycle comme à Ottobeuren, il donne à la coupole médiane un plus grand diamètre et la fait reposer sur un plan carré aux angles coupés par des chapelles, plan pour lequel nous avons souligné sa prédilection. Ainsi se trouve réalisée une nouvelle combinaison du plan central et du plan longitudinal qui rappelle la solution imaginée à la même époque par le grand architecte de Wurtzbourg, Balthasar Neumann, à l’église de Neresheim.

Encyclopédie Universelle. 2012.